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"Il faut savoir braver les interdits. Dans la réédition de sa biographie magistrale d'Eugénie de Montijo, l'historien irlandais William Smith rappelle la dernière volonté de l'impératrice des Français : " Je n'ai jamais écrit de Mémoires, je prie mes exécuteurs testamentaires de poursuivre les auteurs, si on en fait
publier en mon nom après ma mort."
Geneviève Chauvel, à qui l'on devait déjà un portrait raffiné de Marie Leczinska, vient pourtant de briser le tabou - et c'est un bonheur.
Ses mémoires apocryphes de la souveraine plongent le lecteur dans les affres d'une destinée de gloire et de souffrance : le chaos d'une enfance errante, la joie du mariage avec le prince-président et les infidélités de Napoléon III, les grandeurs et les servitudes des Tuileries et de Compiègne, la régence et le désastre de Sedan, l'exil auprès de Victoria…
On traverse, ravi, les salons rouge et or d'un second empire trop souvent négligé; et l'on s'étonne de la longévité d'une femme qui connut le téléphone et l'automobile…
Quand au style et à l'esprit de cette confession, ils sont à ce point ceux d'Eugénie qu'on voit mal comment l'impératrice aurait pu les renier."
Stéphane Bern |